Mlle Berthe LEROY
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Mlle Berthe LEROY
Mlle Berthe LEROY
Cimetière d Hersin Coupigny, Pas de Calais, (France)


Age 27
Nationalité Française
Née le 10 août 1884 au 6 cité ouvrière La Longue Pierre (rue Cuvier), Hersin-Coupigny, Pas-de-Calais, (France)
Décédée le 4 juillet 1972 à la Résidence Sully de Béthune, Pas-de-Calais, (France)
Profession Gouvernante de Mme DOUGLAS
Adresse
Port d'embarquement Cherbourg
Voyageant en 1ère Classe
N° du Ticket PC 17761
Sur le même Ticket Mr Walter Donald DOUGLAS
Mme Mahala DOUGLAS (sa Patronne)
Cabine C140 - Partagée avec Mlle Augusta SERRAPLAÁ (Au service de Mme CARTER)
Cabine C140 Cabine C140
Embarquée dans le Canot 2


Mlle Berthe LEROY
1905 - Berthe assise à gauche chez un cousin.
Mlle Berthe LEROY
Berthe vers 1905.
Mlle Berthe LEROY
Berthe - Affidavit en 1927.
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Berthe et Gaston à Passadena chez Mr et Mme Douglas - vers 1930.
Mlle Berthe LEROY
Berthe vers 1930.
Mlle Berthe LEROY
Berthe et Gaston vers 1930.
Mlle Berthe LEROY
Berthe et Mme Douglas à Minneapolis vers 1930.
Mlle Berthe LEROY
Berthe et Gaston vers 1939.
Mlle Berthe LEROY
Berthe et Gaston en 1939.
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Berthe et Gaston le 4 avril 1939.
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Berthe - Certificat de naturalisation en 1942.
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Berthe et Gaston - 15 février 1954.
Mlle Berthe LEROY
Berthe vers 1957 (portrait de Mme Douglas).
Mlle Berthe LEROY
Berthe et Mme Brusinski en 1958 à Santa Barbara.
Mlle Berthe LEROY
Berthe en 1958 devant une indienne.
Mlle Berthe LEROY
Berthe vers 1960.
Mlle Berthe LEROY
Berthe en 1960 - Retour en France.
Mlle Berthe LEROY
Berthe - 1960.
Mlle Berthe LEROY
Berthe - 1960.
Mlle Berthe LEROY
Photo Studio Harcourt de Paris.
Mlle Berthe LEROY
Berthe en 1966 à Noeux-les-Mines avec Mme Wiecoff (une américaine de passage).
Mlle Berthe LEROY
Berthe et Marie Birembaut en 1966 (une amie d’enfance).
Mlle Berthe LEROY
1967 après son infarctus.
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1968 Berthe et Sylvie Leroy.
Mlle Berthe LEROY
Berthe - 1969 (Premier plan à gauche).
Mlle Berthe LEROY
Berthe (à droite) - 1971 Réunion de parents et amis.


Mlle Berthe LEROY
Généalogie de Berthe LEROY
Source : Geneanet.org

Mariée entre 1928 et 1929, aux ÉTATS-UNIS, avec Gaston BOURLARD 1886-1955


Un certain jour de septembre 1945, Marie, la plus jeune vendeuse du célèbre magasin, « Les Nouveautés » à Bruay, arrive toute essoufflée chez ma maman. « Venez vite l'embrasser, la cousine d'Amérique vient d’arriver. C'est Madame qui m'envoie vous prévenir ! »
Madame, c'était Acfa Turlotte Calonne, ma grand-mère, qui parlait de Berthe Leroy avec tant de fierté et de douceur.
Nous voilà entraînées dans une course folle à la rencontre de Berthe, l'américaine. C'est comme si toute l’Amérique visitait Bruay. Berthe était là dans la salle de coupe de l'atelier de couture, si petite et si menue. Elle nous enlace, nous embrasse « à grands bras » (expression ch'ti !).
De ce jour-là, je ne me souviens que du bleu de ses yeux, un bleu si clair, si intense, le bleu des Calonne, le bleu des 40 meilleurs techniciens belges, venus ouvrir les puits des mines du nord de la France.
J'ose dire que pas une journée ne s'est passé sans parler d'elle. Avec tant de fierté, d'enthousiasme, nous étions fascinés, nous évoquions ses toilettes...
Pour Acfa, créatrice de mode, elle était l'élégance, la belle allure, la nouveauté. « Révélée » à Madame Douglas, Berthe portait une robe de serge verte à rayures noires d'un effet ravageur.
Imaginez Berthe sortant de l'ouvroir des sœurs de la Charité, pour devenir une bonne mère de famille, excellente maîtresse de maison, pour être à Paris, lingère, repasseuse et une « tuyauteuse » de dentelles (où elle excellait), une de ces demoiselles si recherchée pour son savoir-faire.
Son père est décédé lorsqu'elle a 4 ans. Adolescente, après sa formation à l'ouvroir, la voilà à Paris dans une famille bienveillante, les Carrière. Elle est propulsée au service de Sarah Bernhardt et travaille aussi au cirque Barnum comme couturière. Elle côtoie les Nattenson (riches commerçants juifs) et bientôt en 1912 avec ses patrons, les Douglas, l'une des dix premières fortunes d'Amérique, vogue à bord du Géant des mers, « l'insubmersible » pour son voyage inaugural vers New-York.
Quoi de plus merveilleux, incroyable, extraordinaire sa rencontre avec Gaston (« Bon Gaston » comme elle l'appelait). Il était sur le quai d'une gare de Boston, son ami d'enfance, sa trompette à la main !
Elle recherchait un orchestre pour sa patronne. « Qu'est-ce que tu fais là, toi ! » ... Gaston sera embauché comme majordome et chauffeur de la famille Douglas après une formation de majordome à New-York. . . . Elle l'épousera.
Quoi de plus merveilleux, incroyable, extraordinaire, que ses voyages, ses rencontres avec Gertrude Stein, le duc de Saxe Cobourg en Bavière, elle a aussi côtoyé des personnalités célèbres telles que Walt Disney, le maréchal Foch, etc...
Elle avait toute la confiance de Mahala Douglas ; elle a su la rassurer, la soutenir après cette douloureuse épreuve que fut la disparition de son mari lors du naufrage.
Mahala en parlant de Berthe, disait d'elle : « Elle fut le délice de ma vie durant 32 ans. Un cœur d'or, un humour jamais défaillant, honnête, compétente, fidèle, dévouée, un cadeau du ciel ».
Mais alors, ce premier pas sur le transbordeur Nomadic à Cherbourg, à quoi Berthe pensait-elle ?
Emmenait-elle un petit souvenir de Paris, la plus belle ville du monde ? Avait-elle pris des sels, quelle toilette portait-elle ? ... Je l'imagine regardant discrètement sa silhouette dans un miroir, redressant le buste, raccourcissant d'une main sa robe et de l'autre ajustant son chapeau.
Jetait-elle un regard furtif vers Madame Douglas ? Etait-elle inquiète ? Les bagages étaient-ils bien faits, bien organisés ?
Se rappelait-elle les paroles de sa mère ? « N'allez pon d'zu l'iau m'fil », expression ch'ti qui voulait dire « n'allez pas sur l'eau ma fille ».
Elle partait vers sa destinée en Amérique. Elle écrivit quelques années plus tard à mon arrière-grand-mère, Flore Cannone ; « Chère tante, si vous saviez comme c'est joli la Californie. J'embrasse toute la famille ».
Alors le premier pas sur le Titanic ? A quoi pensait-elle ?

Nota : cette malle « Vuitton » retrouvée le 3 janvier 2012 dans un grenier du Pas de Calais, appartenant à Berthe Boulard, contenait un couvre-lit devant lequel ma maman s'extasiait ; c'était un patchwork cousu de tous les petits morceaux de tissu des robes des amies de Berthe. Elle rentra définitivement à bord du paquebot France en 1955, dans son Artois natal (son mari Gaston étant décédé en Californie où son corps repose). Berthe séjourna jusqu'à sa mort en 1972, dans une maison de retraite de Béthune.
Nicole Gorrée-Wéry, Le 7 septembre 2020

Autre référence :